Un système de billetterie : trop cher ?







Avec le vieux modèle d’affaires, les fournisseurs de billetterie récoltent les frais de service, en entier ou en partie, alors que le nouveau modèle permet aux institutions culturelles de fixer et de récolter l’entièreté de ces frais. Une partie de ces revenus leur permet alors de payer les coûts liés à l’usage d’un système de billetterie. Qu’est-ce qui est le plus avantageux pour elles, le vieux ou le nouveau modèle ?

 

Combien ça coûte vendre un billet ?

Les coûts liés à un système de billetterie informatisé sont générés par l’achat ou la location de licences et d’équipements, l’entretien, le support professionnel et le soutien technique, le développement des fonctionnalités, les mises à jour et l’accès aux nouvelles versions, la sécurité et la formation. Ce sont des dépenses fixes qui couvrent les frais de développement et d’exploitation des fournisseurs de billetterie, auxquels s’ajoutent évidemment les charges liées à la rentabilité.

Voyons par exemple le cas de différentes organisations utilisant un équipement moderne, adéquat et complet pour les opérations de billetterie (incluant la vente web et la gestion de l’accès) :

Coût du système pour vendre un billet selon l’achalandage annuel*
Nb. billet/an 4 000 8 000 15 000 40 000 55 000 70 000
Coût du service 1,78 $ 1,41 $ 1,18 $ 0,92 $ 0,82 $ 0,74 $

* Les coûts peuvent varier selon le fournisseur de billetterie.

Malgré le fait que plus il y a d’achalandage, plus il y aura d’équipement et de licences, il est clair que l’amortissement de ces frais sur chacun des billets vendus est moins coûteux à mesure que croit le nombre de ventes. Ce que nous indique aussi ce tableau, c’est que le coût d’un système pour vendre un billet n’est pas très élevé, en particulier si le fournisseur offre des équipements modernes et poursuit un développement continuel de ses fonctionnalités.

Pour les organisations culturelles qui vivent constamment dans un contexte d’austérité, le réflexe le plus commun est de réduire les coûts. Mais voyons d’abord ce que rapporte la vente de billet.

 

Combien ça rapporte vendre un billet ?

Dans les vieux modèles d’affaires, les frais de service sont fixés et récoltés par le fournisseur du système de billetterie. On retrouve de nombreuses situations où ces frais sont perçus comme étant abusifs et font parfois en sorte que le fournisseur retire plus de bénéfices de la vente de billets que le producteur ou le diffuseur. Heureusement certains fournisseurs ont su rester raisonnables, mais ce sont maintenant les nouveaux modèles apparus après l’an 2000 qui demeurent les plus avantageux pour les organisations culturelles. Voici les revenus que retirent ces fournisseurs pour leur système informatisé respectif :

Revenu pour les fournisseurs selon l’achalandage annuel*

Nb. billet/an 4 000 8 000 15 000 40 000 55 000 70 000
Vieux modèle gourmand (frais de 10,05 $/billet) 40,200 $ 80,400 $ 150,750 $ 402,000 $ 552,750 $ 703,500 $
Part revenant à l’organisme culturel 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $
Vieux modèle modéré (frais de 3,50 $/billet) 14,000 $ 28,000 $ 52,500 $ 140,000 $ 192,500 $ 245,000 $
Part revenant à l’organisme culturel 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $
Nouveau modèle (Boxxo) 7,120 $ 11,280 $ 17,700 $ 36,800 $ 45,100 $ 51,800 $
Part revenant à l’organisme culturel (frais de 3,50 $/billet) 6,880 $ 16,720 $ 34,800 $ 103,200 $ 147,400 $ 193,200 $

On comprend ici pourquoi il est tellement avantageux pour les fournisseurs issus de l’ancien modèle d’affaires d’offrir leurs équipements et leurs services à des prix dérisoires et ainsi garder le privilège de recueillir ces lucratifs et précieux frais de service. Et si parfois ils peuvent offrir la faveur d’une ristourne, ils gardent toujours le contrôle sur le coût des frais que doivent assumer les consommateurs.

 

Un système de billetterie : rentable ?

Voilà la question que l’on doit se poser!

Il est clair que les revenus générés par la vente des billets sont sensiblement plus importants que les dépenses. En s’appropriant ces revenus, les organisations culturelles s’offrent un levier pour leur rentabilité et pour leur développement. Elles fixent les règles et deviennent maîtresses de leur avenir.