Le billet, dans tous ses états

Billets de la Comédie Française, datant du XIXe siècle

Billets de la Comédie Française, datant du XIXe siècle

Depuis des siècles, le billet est un petit bout de papier cartonné donnant le droit de passage dans un lieu. Que ce soit pour entrer dans un avion, un musée, une salle de spectacles ou un stade, le billet était essentiel pour « ouvrir la porte du lieu ». Depuis quelques années, de nombreux changements ont bouleversé l’utilisation des billets. On parle même d’une véritable révolution tellement les transformations sont importantes. Un exemple : le billet d’avion, qui était pourtant une figure symbolique, a totalement disparu à l’échelle mondiale le 25 mai 2008. Examinons les principaux changements et mesurons leur impact sur l’avenir de la billetterie.

 

Le billet

 Le mot « billet » est passé par plusieurs chemins avant de définir le billet tel que nous le connaissons aujourd’hui. Tout commence avec le mot latin « bulla » qui est devenu « boule » en français. Cette petite boule s’est ensuite appelée « bille ».

Lorsque les rois ou les gens d’importance envoyaient des ordres écrits, ils les sellaient d’un cachet de cire afin d’en garantir l’authenticité. Ce marquage était fait en pressant une bille gravée aux armoiries de l’émetteur. Les missives ainsi marquées par une bille ont fini par s’appeler des billets.

Le ticket

Le mot « ticket » vient du mot français « étiquette ». Les Anglais ont adopté ce mot pour désigner leurs billets. Le mot ticket est revenu vers le français avec un sens légèrement différent du mot « billet ».

Est-ce qu’un billet est un ticket ?

Jusqu’à il y a quelques années, on appelait billet un droit d’entrée ayant des conditions particulières inscrites sur le billet (retardataires refusés, photos interdites, etc.). De son côté, le ticket donnait un droit d’entrée sans condition associée. Cette nuance a imposé le « billet de théâtre » et le « ticket de métro ». Depuis quelques années, cette nuance est de moins en moins utilisée. Au Québec, les tickets sont devenus des billets, tandis qu’en France ce sont les billets qui sont devenus des tickets.

Un peu d’histoire

 L’histoire des billets se divise en quatre grandes étapes. La première est née par nécessité; les spectacles à Rome étaient si populaires qu’il fallait absolument être invité afin de pouvoir y assister. Ces invitations étaient faites par une lettre cachetée à la cire. Le concept de places numérotées n’existait pas à l’époque. Par contre, on invitait toujours les gens en désignant la section où ils étaient invités. Il y avait des sections pour les dirigeants, pour les nobles, etc. Ces invitations par missives ont été utilisées pendant des siècles, et ce jusqu’à ce qu’une grande invention marque le début de la deuxième étape.

L’invention de l’imprimerie autour de 1450 marque le début de cette deuxième étape. Dans les faits, il s’est passé des décennies avant que cette invention n’influence pour toujours la gestion de la billetterie. Le changement le plus spectaculaire a été la gestion des places numérotées. Avec l’imprimerie, chaque place devenait unique.

L’avènement de l’informatique

 Dans les années 1960, soit quelque 500 ans plus tard, la première billetterie informatisée voyait le jour et la troisième étape démarrait. L’impact a été  majeur. Les principaux changements apportés par l’informatisation ont été :

  • La possibilité d’imprimer les billets à la dernière minute. Étant donné qu’avant l’informatisation il fallait s’y prendre un mois à l’avance pour faire imprimer les billets, il était donc impossible d’ajouter une représentation supplémentaire non planifiée.
  • La vente de chaque place à plusieurs prix. Chaque tarif étant auparavant associé à des sections de salles, on ne pouvait modifier le tarif d’une place si les billets de la section assignée ne se vendaient pas.
  • Une gestion facile de l’inventaire. L’informatisation permet en un clin d’œil de savoir ce qui est vendu et ce qui reste à vendre.
  • Une comptabilité simplifiée. Plus besoin de compter les talons des billets récoltés afin de savoir ce qui a été vendu.
  • Une réduction importante de la fraude
  • Le début des ventes par téléphone
  • La création de réseaux de revente de billets
  • L’invention des frais de service.

La quatrième et dernière grande étape de l’histoire du billet est la vente sur Internet. Les conséquences ont été immenses et on ne voit pas encore leurs fins. Il est dorénavant possible de vendre toutes les places d’un stade en quelques minutes. Ce canal de vente fonctionne 24 heures sur 24, ne fait jamais la grève et n’a pas besoin de pause-café… Et ouvre grande la porte au billet électronique!

En 2013, les ventes Web de certains organismes représentent près de 80%  des ventes!